Dans un rêve étrange, je me retrouvais à la campagne près de la Loire, où javais besoin dune petite cabane de jardin sur mon terrain. Au lieu de chercher une grande entreprise de construction, je pensais quun seul homme sachant les bases du bâtiment suffirait.
Un voisin, Monsieur Dupont, me dirigea vers son ami, Julien, maître dœuvre spécialisé dans les maisons en pierre, qui pouvait, selon lui, ériger une cabane simple.
Jeus la chance que Julien soit disponible ce jourlà. Il ne voulait pas accepter le travail, mais jarrivai à le convaincre dune façon qui navait de sens que dans le sommeil.
Il affirma pouvoir terminer en une semaine, ce qui me convenait. Samedi, il promit de venir inspecter le site, et le lendemain, dacheter tous les matériaux nécessaires : planches, clous, peinture et même un vieux chandelier que javais trouvé dans le grenier.
Nous parlâmes du travail dur. Il déclara quil avait besoin dun aidemain immédiatement, puis quil ferait appel à lun de ses nombreux amis charpentiers. Le plus important, selon lui, était que je resterais toute la semaine dans la ville de Tours pour travailler, ne pouvant donc pas être présent pendant la construction. Je lui remis donc les clefs jusquau weekend suivant.
Julien jura de soccuper de tout, car il était un « bon petit artisan ». Il me demanda une rémunération raisonnable, mais le montant était élevé, alors jacceptai.
Le samedi soir, la cabane était terminée. Tout était exactement comme je lavais rêvé, sans aucune remarque. Julien navait aucun problème apparent.
Ce qui me dérangea, cependant, fut de voir Julien dévorer tout ce qui se trouvait dans mon réfrigérateur : deux kilos de longe de porc, deux douzaines dœufs, plusieurs cartons de lait, une sauce béarnaise et une bouteille de vin rouge. Ce comportement me semblait inacceptable. Ce nétait pas tant la nourriture que le fait quon ne meût jamais demandé si je souhaitais que lon se « fasse un petit plaisir ». On mavait simplement poussé au coin de la cuisine.
Je calculai le coût de ces aliments et le déduis de son salaire, en euros, comme un simple petit geste qui, dans le monde onirique, faisait toute la différence.
Julien napprécia pas du tout. Il commença à se disputer avec moi, expliquant que les ouvriers de chantier sont toujours nourris sur le chantier et que cela est considéré comme normal. Il ajouta quau cours des travaux, il y avait plusieurs moments où il se donnait davantage, sans que cela ne change la somme finale.
Dun côté, je voulais concéder, de lautre, je restais convaincu davoir respecté toutes les conditions que nous avions négociées, et que je devais être prévenu de chaque nuance.
Ainsi se termina ce rêve où la cabane sélevait, les épices tourbillonnaient, et le silence du soir se remplissait du parfum du vin qui sévaporait dans lair.





