**Journal dun cœur brisé**
Ce jour-là, nous marchions vers léglise, main dans la main, quand un inconnu a arrêté ma fiancée. Il lui a lancé une révélation glaçante : Élodie portait son enfant. Lhomme ma devancé devant le parvis, et la raison était claire. Le choc nous a tous frappés, surtout moi. Si javais su plus tôt, tout aurait été différent.
Récemment, jai quitté ma ville natale sans envie de revenir. La faute à mon ancienne promise. Je suis né tard, à cause des problèmes de santé de ma mère. Malgré cela, mes parents mont élevé avec rigueur, espérant faire de moi un homme bien. Leur amour, bien que sévère, ne ma jamais manqué.
Écolier moyen, jai toujours eu du mal avec les sciences. Mais les tâches domestiques me plaisaient : aider mon père à bricoler, soccuper des vaches, préparer le foin pour lhiver. Plus tard, maman ma appris à cuisiner et repasser. En grandissant, jai pris en charge le foyer pour leur épargner de la fatigue.
Après le bac, faute de moyens, jai renoncé aux études supérieures. Je me suis inscrit dans un lycée technique près de notre village pour rester proche de mes parents. Je rentrais chaque week-end, aidant aux champs ou sortant avec des amis.
Puis tout a basculé quand jai rencontré *elle*. Élodie, étudiante en première année, ma ensorcelé avec sa silhouette élancée et ses cheveux soyeux. Les hommes se retournaient sur son passage. Incroyable quelle ait accepté de me voir. Peu à peu, nos rendez-vous se multiplièrent, et je compris quelle partageait mes sentiments. Nous sommes devenus inséparables.
Ma mère fut la première à remarquer mon changement : moins présent, plus distrait, dormant mal. Mon père plaisantait sur cette « fille de la ville », mais il se trompait Élodie venait dun village voisin. Jai gardé notre relation secrète un temps, pour être sûr de nos cœurs.
Nous passions tout notre temps ensemble : soirées, balades, visites à sa résidence universitaire. Elle me surprenait avec des pâtisseries faites maison, et je me sentais aimé. Je croyais avoir trouvé la femme de ma vie.
Un jour, jai annoncé la nouvelle à mes parents, qui ont aussitôt évoqué des petits-enfants. Trop tôt, bien sûr Élodie venait de finir sa première année. Pourtant, je limaginais déjà en robe de mariée.
Pour notre premier anniversaire, jai réservé un dîner dans un restaurant chic. Mais cest elle qui ma surpris : elle était enceinte. Fou de joie, je lai demandée en mariage sur-le-champ. Elle a dit oui.
La semaine suivante, nous avons présenté la nouvelle à nos familles. Contre toute attente, tout sest bien passé. Nos parents sentendaient à merveille, comme sils étaient déjà liés. Les miens la traitaient comme leur propre fille, et sa famille ma accueilli chaleureusement.
Nous avons commencé les préparatifs. Plutôt quune salle banale, nous voulions une noce champêtre, comme mes parents. Notre maison était trop petite, alors nous avons loué la propriété de ses beaux-parents. Entre les robes, les décorations et les menus, le temps filait.
Nous voulions nous marier à léglise avant la naissance. Après la mairie, nous sommes partis vers la chapelle, accompagnés de nos invités. Cest là quun homme nous a interceptés. Il a prétendu être le père de lenfant et a menacé de prouver sa paternité.
Dabord, jai cru à une erreur. Mais Élodie na rien nié. Elle a baissé les yeux, puis a éclaté en sanglots en avouant la vérité. Je nai pas cherché à en savoir plus. Je suis parti sans un mot.
La semaine qui a suivi est un brouillard. Puis jai quitté ma région pour Lyon, où jai repris mes études. Je ny suis jamais retourné. Mes parents nen parlent pas, et je nose pas poser de questions.
Plus tard, jai rencontré une autre femme, différente en tout : honnête, transparente. Jai rompu avec Élodie à distance. Depuis, je me méfie. Plus jamais je ne veux souffrir ainsi.
**Leçon : Lamour aveugle, mais la douleur ouvre les yeux.**




