Pourquoi devrais-je vous céder mon appartement à Paris ?

**Pourquoi devrais-je vous donner mon appartement ?**

Aujourdhui, cétait lanniversaire dHélène-Marie. Dès le matin, elle saffairait dans la cuisine, essayant de tout préparer à temps. Ce nétait pas une mince affaire ! Cuisiner pour toute cette petite tribu, et tant de plats Elle avait planifié le menu à lavance, passé la semaine à faire les courses, sétait rendue au marché bio pour des légumes frais, du fromage fermier, de la viande et du poisson. Dans les supermarchés, cétait toujours la même chose, sans saveur. Elle voulait réunir toute sa famille autour de la table et régaler ses enfants et sa petite-fille. Et bien sûr, préparer elle-même le gâteau, son fameux « Paris-Brest », celui quelle faisait toujours pour les anniversaires de sa fille Sophie et de son fils Nicolas.

Hélène-Marie se remémorait avec nostalgie le temps où ils vivaient tous ensemble sous ce toit. Son mari, le professeur de physique Antoine Dupont, leurs deux enfants, Sophie et Nicolas, presque du même âge, et elle, professeure de musique. Antoine, pour ses grandes contributions à la science et ses relations influentes, avait obtenu cet immense appartement de quatre pièces, quHélène avait meublé avec élégance et goût. À force de persévérance comme on disait à lépoque , elle avait déniché un lustre en cristal pour le salon, une bibliothèque en acajou et un service à café en porcelaine allemande, sans oublier les nappes en lin parfaites, les serviettes brodées et largenterie ancienne. Elle avait été folle de joie en trouvant ce rare service à soupe avec sa soupière, pour ne plus servir directement dans la casserole. Certaines amies disaient que leur maison ressemblait à un musée ou à un salon de lépoque bourgeoise. Cela la flattait. Elle adorait tenir maison, recevoir, jouer du piano pour ses invités et papoter avec esprit. Ce foyer était son royaume. Et elle cuisinait à merveille, gâtant ainsi son mari et ses enfants.

« Maman, ma future femme saura cuisiner comme toi ? » demandait le petit Nicolas.
« Je lespère, mon chéri. Mais cest rare, » répondait-elle en souriant.
« Alors je resterai toujours avec toi ! »
« Oh non. Les enfants doivent grandir et quitter le nid à temps, mon fils. Ce nest pas sain de vivre avec ses parents toute sa vie. Il faut fonder son propre foyer, » répétait-elle souvent. Oui, elle préférait être une grand-mère du dimanche plutôt que de vivre en « tribu », entourée de ses enfants et petits-enfants.

Puis, brusquement, la vie heureuse sétait arrêtée, et Hélène-Marie se retrouva seule.

Antoine était décédé subitement, un matin. Même les secours navaient pas pu arriver à temps. Le cœur. Il se plaignait depuis longtemps, prenait scrupuleusement ses médicaments, consultait des médecins, mais Lhomme est mortel, et pire encore, il lest souvent sans prévenir.

Hélène-Marie avait dabord sombré dans le chagrin, puis sétait ressaisie et avait repris le cours de sa vie comme elle le pouvait. Les enfants avaient quitté le nid, comme elle lavait toujours prédit. Sophie, diplômée en économie, avait épousé Sébastien, et ils avaient emménagé dans un quartier difficile le seul quils pouvaient se payer. Cest là que leur fille Élodie était née. Nicolas, lui, avait commencé à fréquenter une jeune femme, Alexandra, et avait pris une chambre en résidence universitaire avant de partir à son tour.

Sophie, au début de sa vie conjugale, avait un jour demandé à sa mère :
« On pourrait rester un peu ici, le temps que Sébastien trouve un vrai travail ? »
« Non, ma chérie. Tu es mariée, tu dois commencer ta vie. Crois-tu que ton père et moi avons été aidés ? Personne. On a vécu en foyers, en colocations, sans eau, sans gaz parfois. Mais on sen est sortis. Et regarde le résultat. Nous avons réussi, nous avons notre propre chez-nous. Vous devez faire de même. »

À Nicolas, elle tenait le même discours : « Tu es un homme, tu dois subvenir aux besoins de ta famille. Si tu assumes une relation, assume aussi les responsabilités qui vont avec. » Les enfants nétaient pas ravis, mais personne nosait trop contredire. On ne force pas sa mère à cohabiter contre son gré.

Hélène-Marie croyait en cette idée : la distance rapproche. Elle appelait ses enfants régulièrement, leur offrait des cadeaux pour les fêtes, les invitait pour le goûter, les emmenait aux concerts de ses élèves où elle jouait du piano, essayant de recréer cette harmonie familiale idéale.

Et aujourdhui, elle préparait un grand repas pour son anniversaire. Des plats délicieux, une table parfaitement dressée, des épices qui embaumaient tout lappartement. Hélène-Marie avait pris le temps de se coiffer et de se maquiller légèrement. Elle avait enfilé une robe scintillante, réservée aux occasions spéciales, et ses boucles doreilles en diamants un cadeau de son défunt mari.

À lheure prévue, la famille commença à arriver. Dabord Nicolas avec sa femme Alexandra. Ils lui offrirent un énorme bouquet de roses et un service à thé en porcelaine.
« Mon Dieu, quelle beauté ! Un travail si délicat. Merci, mes chéris, » sexclama Hélène-Marie en les serrant dans ses bras. « Vous savez me faire plaisir. »
« On a cherché longtemps pour trouver ce qui te plairait, » répondit Nicolas.
« Alexandra, ta robe est magnifique. Fluide, élégante. Et ton visage si rond Une vraie poupée ! »
« Oui, maman, justement, on voulait tannoncer » commença Nicolas.
« Plus tard, plus tard, entrez donc. Sophie et Sébastien ne vont pas tarder. Figure-toi que leur vieille voiture est encore en panne. Ils viennent en bus, mais ils devraient arriver à temps. »

Une demi-heure plus tard, Sophie arriva avec son mari et leur fille. Ils apportèrent un bouquet de lys et une petite boîte en velours. À lintérieur, un pendentif en or sert

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