La femme, à qui il ne reste plus que peu de temps à vivre, reçoit la visite d’une fillette dans sa chambre d’hôpital qui lui demande de devenir sa maman.

La femme, qui navait plus que peu de temps devant elle, était couchée dans sa chambre dhôpital quand une petite fille entra, les yeux grands ouverts, et lui demanda dêtre sa maman.

Son corps semblait sêtre arrêté comme une horloge qui aurait brusquement perdu son balancier. Un frêle canot pris entre deux mondes: leau et lair. Plus de souffle, plus de tempsseul le feu de la douleur brûlait le souvenir même de son propre nom. Dans le brouillard de la conscience où les rêves se confondent avec la réalité, Claire réalisa soudain quelle se tenait au bord du précipice entre la vie et la mort.

Une voix, étouffée comme sous leau, séleva tout près: celle de son mari, Pierre, qui perçait le vacarme :

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«Claire tiens bon ne pars pas»,

Les mots sétirèrent comme si les bords du monde se fondaient. Des lampes froides clignotèrent, des mains pressées firent quelque chose dassez confiant. Une voix professionnelle, légèrement pressée, lança :

«Pression! Cœur! Rapide!»

Ce ton mêlait peur et une lueur despoir à peine perceptible.

Elle aurait bien voulu fermer les yeux, se couper de toutne plus entendre les ordres des infirmières ni le souffle brisé de Pierre. Une question surgit: «Estce que ça vaut la peine de se battre?» La réponse fut un frisson deffroi, presque épuisement. Au fond, des images vagues du passé clignotaient: le bruit lointain dune ville, la voix chaleureuse dun être cher.

Claire ne pouvait ni crier, ni soupirer, ni pleurer; la conscience séchappait à nouveau. Une nouvelle vague arriva, plus facile à avaler.

Elle revint en éclats: flash lumineux, silence épais, draps rugueux. Elle comprit à peine où elle était: parfois elle se sentait flotter sur leau, puis, soudain, elle était dans un service de lhôpital de Paris. Les moniteurs cliquetaient régulièrement, dehors le matin gris se levait lentement. Elle semblait osciller entre deux mondes, saccrochant aux rares instants du présent.

Et puis, quelquun était là, près delle. Une fillette, frêle comme une tige, environ six ans, qui gigotait maladroitement. Ses yeux clairs la fixèrent :

«Je mappelle Églantine. Tu dors ou tu es morte?»

«Non pas morte,» réussit à sortir Claire, à bout de souffle.

«Bien,» soupira la petite, soulagée. «Parce que cest vraiment ennuyeux ici.»

Dans ces mots denfant surgit une chaleur inattendue, celle que seules les petites âmes peuvent offrir. Églantine raconta le jardin denfants où tout le monde était méchant, une mère jamais là, une grandmère qui faisait des crêpes.

Claire écoutait au loin. Un vieux chagrin se réveilla: lenvie davoir sa propre fille, de quoi se battre. Mais les enfants ne vinrent jamais, et il ne restait que le vide et lamertume de ce qui avait été perdu.

Églantine prit sa main et murmura :

«Je reviendrai demain. Promis, ne meurs pas, daccord?»

La fillette disparut derrière la porte, se fondant dans la lumière. Claire sombra de nouveau, mais avec une nouvelle sensation: une appréhension timide, presque inconnue.

Un autre retour, plus net. La chaleur, de nouvelles odeurs, lair qui semblait un peu plus léger. Le service avait changé: près de la fenêtre, un inconnu savançait, laissant derrière lui un souffle de fraîcheur et danxiété.

«Vous êtes réveillée? Formidable, Claire. Je suis le médecin de garde, le Dr Yves Lemoine.»

Sa voix était douce, son regard professionnelsans excès démotion, mais sans cruauté non plus. Claire réalisa quelle était vivante. Mais combien de temps? Son corps tout entier faisait tant mal que penser était angoissant.

«Votre état est sérieux, mais nous voyons des progrès. Vous tenez le coup. Si vous continuez à vous battre, tout ira bien,» ditil, comme un fils qui parle à sa mère.

Claire tenta de demander Pierreétaitil près delle? Yves hésita, puis répondit :

«Il faut surtout prendre soin de vous maintenant. Les hommes se perdent parfois dans ces moments. Il est parti depuis longtemps, et, pour être honnête, il ne sest jamais vraiment soucié de votre état.»

Un bruit sourd dans sa tête: ressentiment, douleur, et un désir encore faible de résister. Le médecin posa sa main sur la sienne, ferme et rassurante :

«Si vous voulez vivre, vous pouvez surmonter nimporte quelle douleur. Je suis là pour aider, mais le choix vous appartient. Décidez ce qui vaut la peine de vous lever.»

Un instant, elle voulut replonger dans lobscurité. Claire ferma les yeux: plus de force, plus de foi, seulement le désir doublier tout.

«On continue?» demanda Yves.

«Oui,» réponditelle à demichuchotement.

Le réveil la transporta comme dans un autre monde. Le service était plus calme, la lumière plus douce, la douleur reléguée à larrièreplan. Le matin apportait non seulement la clarté mais une étrange espérance duveteuse. Elle tourna la tête et vit Églantine, à nouveau, assise près de la fenêtre, traçant des cercles invisibles sur le verre du doigt.

«Tu es venue» souffla Claire, voulant ne pas troubler le moment.

«Bien sûr. Je viendrai chaque jour jusquà ce que tu sois complètement rétablie.»

Un silence léger flotta entre elles, comme un souffle. Puis Églantine, timide, demanda :

«Tu as tes propres enfants?»

Claire resta muette un long instant avant de répondre :

«Non ça na jamais fonctionné. Et ta maman?»

Églantine baissa les yeux :

«Elle ma laissée. Je vis ici temporairement. Mamie est près, mais toujours occupée. Elle dit que je suis grande maintenant, que je peux tout gérer toute seule. Et cest vrai Mais parfois, jaimerais que quelquun mattende.»

Le cœur de Claire se serra. Dans ces mots se mêlaient rancœur adulte, douleur et confiance. Elle se souvint de tout ce quelle avait manqué, de ce qui était parti.

Églantine bondit et lenlaça, serrée comme seules les petites mains savent

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La femme, à qui il ne reste plus que peu de temps à vivre, reçoit la visite d’une fillette dans sa chambre d’hôpital qui lui demande de devenir sa maman.
– Nadège, chérie, je suis rentré, viens m’accueillir ! – L-Lionel ?! Mais qu’est-ce que tu fais là si tôt ? Tu n’étais pas censé rentrer avant trois jours… Une femme d’une trentaine d’années sortit précipitamment dans le couloir, en s’enroulant dans une robe de chambre en soie, les yeux écarquillés devant son mari debout sur le seuil. – Je voulais te faire une surprise, Nadège. Vu ta tête, c’est réussi ! T’es pas contente de me voir ? – Mais si, bien sûr ! Je suis ravie ! Va directement à la cuisine, je vais te réchauffer à manger. Satisfait de son effet, Lionel acquiesça à sa femme et prit la direction de la cuisine. Il y découvrit une table raffinée : fraises, chocolat, un repas tout droit sorti du four… On aurait dit que tout avait été prévu pour lui. – Eh ben Nadège, tu t’es surpassée ! Comment t’as su que je rentrais ? Tu me surprendras toujours ! Il s’était bien servi, laissait la montagne d’assiette grimper, et attaquait avec appétit. Sa femme, elle, n’apparaissait toujours pas ; il supposa simplement qu’elle mettait une jolie robe pour l’accueillir. Elle voulait lui faire plaisir… – Lionel, je… On doit parler… – Oh, Nadège, ton rôti est un régal, et ta salade, et tes crêpes… Mais… André ?! En se retournant, Lionel découvrit sa femme Nadège bras-dessus, bras-dessous avec son propre frère André. Nadège fixait le sol, gênée. André, en short et débardeur, se frottait le front, manifestement réveillé en pleine sieste. – Oui, c’est moi, Lionel. Salut, frérot… – Bonjour… Bon, maintenant, vous allez m’expliquer ce qui se passe ici ? Même si je crois que j’ai deviné… – Lionel, je… Je voulais t’en parler depuis longtemps. J’aime ton frère André et je veux vivre avec lui. Je suis désolée… – lança-t-elle d’une traite, le regard à peine levé vers celui qui était désormais son ex-mari. La vaisselle échappa des mains de Lionel et tomba à terre dans un fracas. – Et vous… Je suppose que… ça vient d’arriver ? – Oui. Tout juste maintenant. – Magnifique, Nadège ! Et toi aussi André, chapeau bas ! J’ai compris, ce festin… c’était pour qui, en fait ! Nadège n’osait pas croiser son regard. Il lui semblait que le moindre œil levé et tout son courage s’effondrerait. – Et Irène ? Qu’est-ce qu’on fait de notre fille ? Elle sait, au moins ? – Non, elle ne sait pas… – Et où est-elle ? – Chez la voisine, devant un dessin animé. – Ça t’arrive souvent de la déposer comme ça, chez la voisine ? – Voilà déjà six mois que… Lionel n’avait plus de questions. Ni d’émotion. Fatigué par la route, il ne voyait pas l’intérêt de faire de scandale. De nature calme, il n’avait jamais su tenir rancune. Mais parfois, trop, c’est trop… Et cette histoire avec son frère et sa femme le déconcertait. Il resta songeur, une seconde. – Dans dix minutes, je ne veux plus te voir ici. Le temps tourne. – lâcha Lionel en buvant son thé. Il ne jeta même pas un œil à son frère. – Mais qu’est-ce qu’elle lui trouve à André ? Physiquement, on se ressemble, même grain de beauté… Mais il n’a aucune ambition, aucune jugeote… Elle va y perdre ! Mais bon, c’est son choix ! – songeait-il, continuant de siroter son thé. – Je ne partirai pas tant que tu ne dis pas oui, – intervint tout à coup André. – Oui à quoi ? – Au divorce… Laisse partir Nadège, elle ne t’aime plus. – Je vois bien qui ma femme aime… – sourit Lionel. – Vous voulez divorcer ? On va divorcer, mais ce sera au tribunal ! J’ai hâte de vous voir gaspiller tout votre argent en avocats. – Lionel… – dit-elle en posant la main sur son poignet. – S’il te plaît, faisons-le en bon accord… Je sais que tu es quelqu’un de bien… Il secoua la tête. – Bon, d’accord. Mais toi, André, tu n’es plus mon frère désormais. – On voulait aussi te demander autre chose… – Quoi encore ? – Laisse-moi l’appartement après le divorce, Lionel ! – lança Nadège avec un sourire charmeur, caressant encore son poignet. – Irène est tellement attachée à cette école, elle a plein d’amies… Sinon, pour acheter autre chose, on n’a pas assez, il faudrait repartir chez mes parents à la campagne… Lionel posa le menton sur ses mains jointes et réfléchit. Voyant qu’il hésitait, Nadège ajouta d’un ton enjôleur : – Lionel, mon chéri… Fais ce cadeau à ta fille. Avec ta carrière, tu pourras facilement te refaire ! S’il te plaît… c’est pour notre fille… – Calme-toi Nadège, – la coupa-t-il. – J’ai une meilleure idée. – Laquelle ? Tu penses aussi nous laisser la voiture ? Irène serait ravie… – Irène vivra avec moi. – Quoi ?! – Nadège n’en crut pas ses oreilles. – Ça ne va pas ta tête ? Tu ne sais même pas t’occuper d’un enfant ! Toujours en déplacement… Elle ne se souvient même plus de ton prénom ! – On va voir ça tout de suite, – répondit-il et partit vers la porte. Quelques minutes plus tard, Lionel revint, tenant sa fille par la main. Irène, dix ans à peine, venait de passer en CM1. Elle serrait fort la main de son père et lui souriait. – Pourquoi l’as-tu amenée ? Pour qu’elle assiste aussi à la scène ?! – lança, furieuse, Nadège. Mais Lionel resta silencieux. Il s’installa dans la cuisine, assit Irène sur ses genoux et commença : – Irène, ma chérie, je peux te poser quelques questions importantes ? – Bien sûr ! – répondit-elle, heureuse que son père s’occupe d’elle. – Promets-moi d’être sincère ! Je veux parler avec toi comme avec une grande. – Comme avec les gens de ton bureau ? – Exactement. La petite acquiesça. Elle était fière que son père lui parle sérieusement. – Dis-moi, maman t’a-t-elle déjà grondée ? T’a-t-elle donnée une fessée cette semaine ? La fillette baissa la tête, jouant nerveusement avec la robe. – Mais qu’est-ce que tu lui racontes, espèce de fou ?! Laisse-la tranquille ! – cria Nadège. – Silence, Nadège. Je parle à notre fille, – trancha Lionel en caressant la tête d’Irène. – N’aie pas peur, ma chérie. Tu as promis d’être honnête, tu te souviens ? Irène hocha la tête, des larmes dans les yeux. Elle serra son père dans ses bras et chuchota d’une voix brisée : – Oui, elle m’a tapée trois fois… D’abord pour une mauvaise note, puis pour du lait renversé, et la dernière fois, parce que j’ai crié sur tonton André. Elle s’embrassait avec lui pendant que tu étais parti. – Chut, ma chérie, ne pleure pas ! Je suis là, je te protégerai. – Mensonge ! – interrompit Nadège. – Je ne l’ai jamais touchée ! – Et donc, tu voudrais l’appartement et la voiture pour le bien de ta fille ? – demanda-t-il avec ironie. – Irène, une dernière question… – Oui… – Si tu devais choisir, avec qui voudrais-tu vivre : papa ou maman ? La fillette hésita, regardant tour à tour son père et sa mère. Nadège fit tout pour la convaincre, tendant même les bras. – Tu promets de ne plus partir souvent ? – Je te le promets, mon trésor. – Alors je veux vivre avec toi, papa. – Espèce de… ! – Nadège voulut lever la main sur la petite, mais Lionel la protégea, la serrant fort. André, tout le temps resté en retrait, n’était pas intervenu. – Voilà Nadège, la discussion est close. Tu ne la reverras plus, – annonça-t-il calmement en s’en allant dans la chambre avec sa fille. Quelques minutes plus tard, il l’aida à préparer quelques affaires. Sa propre valise était déjà faite, celle de ses déplacements. Lionel et Irène prirent un taxi pour un hôtel de la ville. …Quelques mois après, le tribunal trancha : sans ressources ni logement stable pour Nadège et son nouveau compagnon, la garde d’Irène fut confiée à son père. Lionel vendit sa part de l’appartement. Nadège put voir sa fille certains week-ends, mais Irène vécut désormais avec son père, dans leur nouveau foyer. Lionel réorganisa tout son emploi du temps pour être présent auprès d’elle. Fini les voyages d’affaires interminables. Il découvrait que le sourire de sa fille valait plus cher que n’importe quel contrat… Dites-nous en commentaire ce que vous en pensez ! N’oubliez pas de liker.