Les souvenirs d’une grand-mère : une vie racontée avec amour

«Le Fils à sa Mère : Souvenirs d’une Vieille Dame en Maison de Retraite»

Tu sais, ma petite-fille, assise ici dans cette maison de retraite, je repense à ma jeunesse, et surtout à mon fils—Étienne. Oh, comme il était beau, vers la quatrième ou la terminale. À cet âge, tous les enfants sont jolis, garçons comme filles. Mais comme disait ma grand-mère : il y a les mignons… et les véritables beautés. Étienne était de ceux-là.

Grand, élancé, avec une ombre de moustache noire qui lui donnait déjà des airs d’homme. Pas un athlète, mais loin d’être frêle. Les filles le regardaient, mais lui, tu sais, il restait mystérieux. Moi, professeure de musique, je m’efforçais de lui trouver de belles chemises et des chaussures élégantes, malgré les temps difficiles. Je lui répétais toujours :

*«Ne te marie pas avec n’importe qui, mon fils. Ta fiancée doit être exceptionnelle—belle, intelligente, de bonne famille. Sinon, tu pourrais te faire ensorceler en un clin d’œil.»*

Et c’est vrai, elles ont essayé—Margaux avec ses petits mots drôles, Léa la brune, ou encore Camille la rousse, qui l’invitaient à danser, au cinéma… Il me racontait tout. Mais je savais qu’elles ne lui convenaient pas : l’une avait des parents qui se disputaient sans cesse, l’autre était mauvaise en littérature, et la troisième… trop petite. Je lui disais :

*«Elles ne sont pas pour toi, attends la bonne.»*

Pourtant, tu sais, il a tenu à danser avec cette Camille rousse, au bal du lycée. Il l’a invitée. La lumière tamisée, les robes de soie, cette musique qui incitait moins à tournoyer qu’à se serrer. Elle a posé sa tête sur son épaule—et il a senti son cœur s’embraser ! Il a cru : la voilà, celle qu’il attendait.

Ensuite, il m’a tout raconté, et je lui ai demandé :

*«Et ses parents ?»*

Il a répondu :

*«Seule sa mère, son père est parti. Elle ne comprend même pas pourquoi.»*

Je lui ai dit sévèrement :

*«Ce n’est pas elle, mon fils.»*

Ce n’était pas facile pour moi non plus—j’étais divorcée, et mon mari n’avait pas tenu ses promesses. Il n’était pas méchant, mais il lui manquait quelque chose. Je tenais tout : la maison propre, les repas prêts, tandis qu’il jouait doucement de la guitare dans un coin.

Et je ne laissais pas mon fils prendre les chemins faciles : études d’abord, travail, les filles plus tard. Je lui disais :

*«Termine ta licence, ensuite on verra.»*

Et comme je veillais sur lui ! J’avais entendu des amies dont les fils s’étaient amusés, puis mariés—et un enfant arrivait trop vite.

À la fac, Étienne était sérieux : notes impeccables, assidu, jamais là où il ne fallait pas. Il y avait une fille, Aurélie, gentille, mais ma mère ne l’approuvait pas. Elle disait :

*«Ce n’est pas elle, mon fils.»*

Ils restaient après les cours, parlaient, mais ça n’a pas duré. Elle est partie avec un autre.

Et moi, je contrôlais tout : repas à l’heure, chemises repassées. J’avais peur qu’une fille indigne ne me prenne mon fils. Car mon Étienne, c’était tout pour moi.

Mon mari est parti brusquement, me laissant seule. On me disait : *«Tu n’es pas la première, ni la dernière»*, mais ce n’était pas simple. Je vivais pour mon fils.

Maintenant, il se promène le soir dans la ville—tant de changements ! Nouveaux immeubles, nouveaux parcs, même le cinéma a été rénové. Et moi, je suis ici, en maison de retraite, et je pense à lui. Hier, je l’ai aperçu dans la foule—Aurélie était à ses côtés, mais il ne m’a pas vue.

Ma mère, malade, ne sort plus. Elle lui dit :

*«Marie-toi, Étienne, marie-toi. Il n’y a plus personne pour cuisiner, pour nettoyer.»*

Mais moi, je sais… avec qui ?

Alors je suis là, une vieille grand-mère dans sa petite chambre, et je me dis comme c’est dur d’être mère… surtout quand ton fils reste *«le fils à sa maman»*, et que son monde, c’est toi.

Voilà, ma chérie. La vie nous apprend que les nôtres peuvent être à la fois notre trésor le plus précieux… et notre plus lourd fardeau. Mais je l’aime toujours, mon Étienne. Il est à moi.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

3 × 5 =

Les souvenirs d’une grand-mère : une vie racontée avec amour
Ma sœur a gâché mon mariage pour se moquer de mon mari parce qu’il était serveur — sans savoir qu’il…